Malgré mon goût prononcé pour
athéisme, je vous en ai déjà fait part ici-même, les élections
de pape me fascinent. D’une part par leur rareté, c’est la
deuxième que je vis en vingt ans, mais aussi par ce qu’elles représentent. En effet, on élit un chef à la tête de l’église
catholique. Et bien voilà mon sujet : l’église. Dans toutes
les religions, ce qui me dérange le plus est sans doute leur organe
directionnelle, leur porte-parole, leur façade. Alors oui, j’entends
d’ici certain d’entre vous chausser leurs gants de troll ou de
grand défenseur de la religion, prêt à défendre leur position
dans un débat qui risquerait bien d’atteindre le point Godwin une
heure après la publication de mon post. Permettez moi, amis
réactifs, de vous arrêtez ici et de tuer ce débat stérile dans
l’œuf. Mon propos ici n’attaque pas, ou bien trop légèrement,
vos croyances et votre religion ; je m’attaque ici à
l’église, organe bien moins réactif et compréhensif que vous.
On a déjà souvent entendu des
personnes attaquer l’église. On rappelle les croisades,
l’holocauste, les tortures, les meurtres et tous les actes
horribles commis en son nom. Bien loin de vouloir nier ces
événements, il nous faut les garder à l’esprit et les condamner,
ces reproches sont déplacé et ne sont plus d’actualité. Mille
ans, mille ans qu’on reproche les mêmes actes à l’église. Il
est temps, pour moi en tout cas, de changer de registre et de me
pencher sur les problèmes que pose cette institution à notre
époque.
Paradoxalement, surtout aux vues de ma
position, j’aimerai ici faire l’apologie de la religion. Malgré
mes propos, je ne suis en aucun cas contre. Je ne peux louer son
texte fondateur, ni ceux qui le prêche, mais je peux saluer et même
envier les bienfaits qu’elle apporte à certains êtres humains.
Nombreux son ceux qui, dans les situations les plus horribles, ont
continué à croire et s’en sont sorti grâce à leur foi. On ne
compte plus le nombre d’aides apportées par les personnes suivants
la parole dite sacrée. Nombre d’écoles, d’hôpitaux, de
garderies, d’associations, ou encore de lieux d’accueil on vu le
jour là où il y en avait besoin, mais aussi et surtout pour ceux
qui en avait besoin, grâce aux religieux. Difficile d’être face à
ce constat et de nier tout apport bénéfique. La question est
maintenant de savoir quels sont les maux que cette institution cause
aujourd’hui. Car oui, il y en a encore beaucoup.
Nous avons hérité de notre culture
judéo-chrétienne nombre de principes, d’idées et de modes de
fonctionnement. Parmi eux, certains concerne ou sont dirigés envers
les femmes. L’église catholique n’est, malgré tout ce qu'on pourra dire, pas égalitaire. Avez-vous déjà vu une femme à la
tête de l’église (mis à part Jeanne) ? Non. À qui doit on
le pêché originel ? Eve. La liste des exemples dans les textes
est longue, mais les textes sont vieux. Malgré tout, ces idées
continuent à déteindre sur notre société du XXIème siècle. La
place de la femme dans la société, l’idéal de la mère de
famille, cause encore beaucoup de maux ; on lui doit, et c’est
là une supposition qui n’engage que moi, les inégalités de
salaire, de traitement ou encore la vision archaïque du couple. Sur
ces points, les pays les plus en avance sont les pays scandinaves, il
est ici intéressant de remarquer que leur religion « de
base », celle des vikings, permettait une organisation où les
femmes choisissaient leur mari, pouvait divorcer, travaillaient et
prenaient part à la vie politique, alors les catholique les
traitaient encore d’une manière affreuse et bien plus barbare.
À ce sujet, ma question est surtout de
savoir pourquoi l’église a voulu mettre de côté les femmes. Pour
moi, grand romantique refoulé, si une preuve de la nature divine de
l’être humain était à trouver, ou plutôt existante, elle serait
à chercher du côté de femme. Comment peut-on contraindre quelqu’un à passer à côté de cela ? Porte-étendard de la
beauté, possesseur d’une force mental incroyable, capable de
donner vie, le sexe féminin n’a aucune raison d’être appelé
sexe « faible ». Restreindre qui que ce soit au célibat
est une véritable ignominie contre nature !
Femme, amour, contre-nature, ces trois
mots nous amène à un autre problème : la condamnation de
l’homosexualité. Je ne peux pas concevoir qu’on puisse encore
condamner les homosexuels à notre époque. La religion se veut être
le véhicule de la parole de Dieu, parole d’amour et de tolérance.
En quel nom peut-on prétendre que l’amour entre deux êtres
humains est contre nature alors que le but ultime que l’on prêche
est l’amour de tous ? Dans notre société, il est devenu
évident qu’il ne s’agit ni d’un choix, ni d’une maladie,
mais bien d’amour, tout bêtement.
Tout cela pourrait rester à l’état
de parole, passer au dessus de la communauté gay qui, au fil des
années, en a vu d’autre. Mais voilà, l’église est encore le
vecteur d’idées préconçues et archaïques répétées sans
examens par la population. Le problème est que, à force d’être
répétées, ces idées imprègnent la société et deviennent
difficile à détruire, rendant ainsi encore plus insoutenable qui ne
l’est déjà l’acte de faire son coming-out. La église mène
certaine personnes au refoulement et à la culpabilisation à un tel
point que certains d’entre eux espèrent être « guéris »
de l’homosexualité par la religion (si, si, je vous assure).
Cela étant dit, le problème de la
sexualité ne se limite pas aux homosexuels. En effet, l’église,
et donc le pape, condamne nombre de pratique et véhicule bien trop
d’absurdité. Prenez la virginité par exemple, elle a été
inventé uniquement pour la femme. La virginité d’un homme n’a
aucun sens et ne peut être prouvée. La garder jusqu’au mariage
est selon moi une mauvaise idée. Combien d’entre nous regarde avec
nostalgie leur amourette d’enfant ? Combien garde un souvenir
impérissable de leur première vraie relation ? Alors en quoi
et pourquoi un acte sexuelle avant le mariage serait impure, infondé,
mal, mauvais ou je ne sais quel qualificatif que l’on pourrait lui
donner ? Ne serait-il pas plutôt une plus-value ajoutée à une
relation, aussi éphémère soit-elle ? Absurde vous dis-je !
Prenons la question du préservatif.
Bien que Benoit XVI ait reconnu qu’il puisse être utile dans
quelques cas extrêmes, l’église défend ses fidèles d’en faire
usage. Résultats, les IST sont toujours d’actualité. Mais là
n’est pas le seul problème, ni le plus grave, car cette
interdiction est la cause de naissance involontaire. Comment peut-on
préférer une naissance qui met, excusez moi du terme, les parents
dans la merde (surtout la mère comme par hasard) à une
non-naissance ? Quant à la masturbation j’ai tellement de
peine à croire que les fidèles ne la pratique pas que je ne vais
pas m’étendre dessus.
Toutes ces mesures mènent à la
frustration et rendent la sexualité taboue, gelant ainsi le dialogue
et causant de grands maux dus à la non-information, voir la
désinformation.
Revenons un instant à ce qui a été
l’étincelle qui a déclenché l’écriture de ce post. Lors de
l’élection du pape, c’est l’institution que l’on a vu,
l’église en somme. À sa tête il y a un homme seul. Quand j’ai
vu le nombre de gens massés sur la place St-Pierre pour applaudir
non pas la religion, ni la foi, ni même Dieu, mais bien un homme, un
simple mortel, quand il a déclaré « cette prière est de vous
pour moi », quand cet homme sensé représenter la foi a
demandé à la foule de prier pour lui, je me suis dis que cette
institution qu’est l’église a encore bien des problèmes à
régler.
Une institution a forcément une image,
l’église n’y échappe pas et fait tout son possible pour garder
cette belle image. Résultat, une institution opaque qui, pour ne pas
ébruiter ses problèmes, essaye de les régler à l’interne. Le
scandale des prêtres pédophiles est un faux débat, le problème
n’est pas les prêtres, il y a autant de pédophile chez eux que
dans le reste de la population, mais bien le fait que l’église
préfère les protéger plutôt que de rendre ces affaires publiques.
Pour finir l’église prône une
doctrine très pure de la religion. Les textes sacrés sont pour moi
une forme pauvre de philosophie. L’intérêt de la philosophie
réside, selon moi, dans la question et le chemin que l’on prend
pour y répondre (en général sans y arrivé), la religion, elle,
pose les bonnes questions, mais y répond de suite. Dans un article
précédent, je vous disais que « la religion est à la
philosophie ce qu’Apple est à l’informatique ». En effet,
c’est sécurisant simple, mais trop réducteur, contrôlé et
fermé. Je vois la religion comme une facilité et je comprends très
bien que l’on puisse y céder étant donné qu’il m’est arrivé,
dans les moments difficile, de me surprendre à implorer une force
au-dessus de moi (pas forcément un Dieu) de m’aider. Je ne peux
donc pas condamner les personnes qui choisissent cette voie.
La dernière aberration que prône
l’église est bien-sûr le créationnisme, théorie vétuste et
maintes fois réfutée par des découvertes scientifiques. Cela reste
cependant un archétype de doctrine religieuse qui prouvent l’inertie
et le refus d’évoluer des cette institution.
Tout ça pour dire que si chaque
croyant faisait ce que certains ont déjà commencé à faire, penser
et remettre en question, ils se rendraient compte bien vite que
l’église ne correspond plus au monde dans lequel nous vivons.
Voilà pour quoi, très chers lecteurs et lectrices, je n’ai rien
contre les croyants, mais beaucoup contre l’église et un peu
contre la religion.
À Ploutch!
À Ploutch!
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire