samedi 16 mars 2013

Habemus Pas Moi

Mes bien chers Frères, Mes bien chères Soeur, Bonjour !


Malgré mon goût prononcé pour athéisme, je vous en ai déjà fait part ici-même, les élections de pape me fascinent. D’une part par leur rareté, c’est la deuxième que je vis en vingt ans, mais aussi par ce qu’elles représentent. En effet, on élit un chef à la tête de l’église catholique. Et bien voilà mon sujet : l’église. Dans toutes les religions, ce qui me dérange le plus est sans doute leur organe directionnelle, leur porte-parole, leur façade. Alors oui, j’entends d’ici certain d’entre vous chausser leurs gants de troll ou de grand défenseur de la religion, prêt à défendre leur position dans un débat qui risquerait bien d’atteindre le point Godwin une heure après la publication de mon post. Permettez moi, amis réactifs, de vous arrêtez ici et de tuer ce débat stérile dans l’œuf. Mon propos ici n’attaque pas, ou bien trop légèrement, vos croyances et votre religion ; je m’attaque ici à l’église, organe bien moins réactif et compréhensif que vous.


On a déjà souvent entendu des personnes attaquer l’église. On rappelle les croisades, l’holocauste, les tortures, les meurtres et tous les actes horribles commis en son nom. Bien loin de vouloir nier ces événements, il nous faut les garder à l’esprit et les condamner, ces reproches sont déplacé et ne sont plus d’actualité. Mille ans, mille ans qu’on reproche les mêmes actes à l’église. Il est temps, pour moi en tout cas, de changer de registre et de me pencher sur les problèmes que pose cette institution à notre époque.

Paradoxalement, surtout aux vues de ma position, j’aimerai ici faire l’apologie de la religion. Malgré mes propos, je ne suis en aucun cas contre. Je ne peux louer son texte fondateur, ni ceux qui le prêche, mais je peux saluer et même envier les bienfaits qu’elle apporte à certains êtres humains. Nombreux son ceux qui, dans les situations les plus horribles, ont continué à croire et s’en sont sorti grâce à leur foi. On ne compte plus le nombre d’aides apportées par les personnes suivants la parole dite sacrée. Nombre d’écoles, d’hôpitaux, de garderies, d’associations, ou encore de lieux d’accueil on vu le jour là où il y en avait besoin, mais aussi et surtout pour ceux qui en avait besoin, grâce aux religieux. Difficile d’être face à ce constat et de nier tout apport bénéfique. La question est maintenant de savoir quels sont les maux que cette institution cause aujourd’hui. Car oui, il y en a encore beaucoup.

Nous avons hérité de notre culture judéo-chrétienne nombre de principes, d’idées et de modes de fonctionnement. Parmi eux, certains concerne ou sont dirigés envers les femmes. L’église catholique n’est, malgré tout ce qu'on pourra dire, pas égalitaire. Avez-vous déjà vu une femme à la tête de l’église (mis à part Jeanne) ? Non. À qui doit on le pêché originel ? Eve. La liste des exemples dans les textes est longue, mais les textes sont vieux. Malgré tout, ces idées continuent à déteindre sur notre société du XXIème siècle. La place de la femme dans la société, l’idéal de la mère de famille, cause encore beaucoup de maux ; on lui doit, et c’est là une supposition qui n’engage que moi, les inégalités de salaire, de traitement ou encore la vision archaïque du couple. Sur ces points, les pays les plus en avance sont les pays scandinaves, il est ici intéressant de remarquer que leur religion « de base », celle des vikings, permettait une organisation où les femmes choisissaient leur mari, pouvait divorcer, travaillaient et prenaient part à la vie politique, alors les catholique les traitaient encore d’une manière affreuse et bien plus barbare.
À ce sujet, ma question est surtout de savoir pourquoi l’église a voulu mettre de côté les femmes. Pour moi, grand romantique refoulé, si une preuve de la nature divine de l’être humain était à trouver, ou plutôt existante, elle serait à chercher du côté de femme. Comment peut-on contraindre quelqu’un à passer à côté de cela ? Porte-étendard de la beauté, possesseur d’une force mental incroyable, capable de donner vie, le sexe féminin n’a aucune raison d’être appelé sexe « faible ». Restreindre qui que ce soit au célibat est une véritable ignominie contre nature !

Femme, amour, contre-nature, ces trois mots nous amène à un autre problème : la condamnation de l’homosexualité. Je ne peux pas concevoir qu’on puisse encore condamner les homosexuels à notre époque. La religion se veut être le véhicule de la parole de Dieu, parole d’amour et de tolérance. En quel nom peut-on prétendre que l’amour entre deux êtres humains est contre nature alors que le but ultime que l’on prêche est l’amour de tous ? Dans notre société, il est devenu évident qu’il ne s’agit ni d’un choix, ni d’une maladie, mais bien d’amour, tout bêtement.
Tout cela pourrait rester à l’état de parole, passer au dessus de la communauté gay qui, au fil des années, en a vu d’autre. Mais voilà, l’église est encore le vecteur d’idées préconçues et archaïques répétées sans examens par la population. Le problème est que, à force d’être répétées, ces idées imprègnent la société et deviennent difficile à détruire, rendant ainsi encore plus insoutenable qui ne l’est déjà l’acte de faire son coming-out. La église mène certaine personnes au refoulement et à la culpabilisation à un tel point que certains d’entre eux espèrent être « guéris » de l’homosexualité par la religion (si, si, je vous assure).

Cela étant dit, le problème de la sexualité ne se limite pas aux homosexuels. En effet, l’église, et donc le pape, condamne nombre de pratique et véhicule bien trop d’absurdité. Prenez la virginité par exemple, elle a été inventé uniquement pour la femme. La virginité d’un homme n’a aucun sens et ne peut être prouvée. La garder jusqu’au mariage est selon moi une mauvaise idée. Combien d’entre nous regarde avec nostalgie leur amourette d’enfant ? Combien garde un souvenir impérissable de leur première vraie relation ? Alors en quoi et pourquoi un acte sexuelle avant le mariage serait impure, infondé, mal, mauvais ou je ne sais quel qualificatif que l’on pourrait lui donner ? Ne serait-il pas plutôt une plus-value ajoutée à une relation, aussi éphémère soit-elle ? Absurde vous dis-je !
Prenons la question du préservatif. Bien que Benoit XVI ait reconnu qu’il puisse être utile dans quelques cas extrêmes, l’église défend ses fidèles d’en faire usage. Résultats, les IST sont toujours d’actualité. Mais là n’est pas le seul problème, ni le plus grave, car cette interdiction est la cause de naissance involontaire. Comment peut-on préférer une naissance qui met, excusez moi du terme, les parents dans la merde (surtout la mère comme par hasard) à une non-naissance ? Quant à la masturbation j’ai tellement de peine à croire que les fidèles ne la pratique pas que je ne vais pas m’étendre dessus.
Toutes ces mesures mènent à la frustration et rendent la sexualité taboue, gelant ainsi le dialogue et causant de grands maux dus à la non-information, voir la désinformation.

Revenons un instant à ce qui a été l’étincelle qui a déclenché l’écriture de ce post. Lors de l’élection du pape, c’est l’institution que l’on a vu, l’église en somme. À sa tête il y a un homme seul. Quand j’ai vu le nombre de gens massés sur la place St-Pierre pour applaudir non pas la religion, ni la foi, ni même Dieu, mais bien un homme, un simple mortel, quand il a déclaré « cette prière est de vous pour moi », quand cet homme sensé représenter la foi a demandé à la foule de prier pour lui, je me suis dis que cette institution qu’est l’église a encore bien des problèmes à régler.
Une institution a forcément une image, l’église n’y échappe pas et fait tout son possible pour garder cette belle image. Résultat, une institution opaque qui, pour ne pas ébruiter ses problèmes, essaye de les régler à l’interne. Le scandale des prêtres pédophiles est un faux débat, le problème n’est pas les prêtres, il y a autant de pédophile chez eux que dans le reste de la population, mais bien le fait que l’église préfère les protéger plutôt que de rendre ces affaires publiques.

Pour finir l’église prône une doctrine très pure de la religion. Les textes sacrés sont pour moi une forme pauvre de philosophie. L’intérêt de la philosophie réside, selon moi, dans la question et le chemin que l’on prend pour y répondre (en général sans y arrivé), la religion, elle, pose les bonnes questions, mais y répond de suite. Dans un article précédent, je vous disais que « la religion est à la philosophie ce qu’Apple est à l’informatique ». En effet, c’est sécurisant simple, mais trop réducteur, contrôlé et fermé. Je vois la religion comme une facilité et je comprends très bien que l’on puisse y céder étant donné qu’il m’est arrivé, dans les moments difficile, de me surprendre à implorer une force au-dessus de moi (pas forcément un Dieu) de m’aider. Je ne peux donc pas condamner les personnes qui choisissent cette voie.
La dernière aberration que prône l’église est bien-sûr le créationnisme, théorie vétuste et maintes fois réfutée par des découvertes scientifiques. Cela reste cependant un archétype de doctrine religieuse qui prouvent l’inertie et le refus d’évoluer des cette institution.

Tout ça pour dire que si chaque croyant faisait ce que certains ont déjà commencé à faire, penser et remettre en question, ils se rendraient compte bien vite que l’église ne correspond plus au monde dans lequel nous vivons. Voilà pour quoi, très chers lecteurs et lectrices, je n’ai rien contre les croyants, mais beaucoup contre l’église et un peu contre la religion.

À Ploutch!

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