dimanche 17 février 2013

À la société: What the fuck?

Humains, Humaines, Bonjour !

Aujourd'hui, comme souvent, je m'insurge, je gueule, j'insulte et je m’énerve. Oui, parce que hier en rentrant de mon bar préféré, j'ai été frappé par la même question que Eddie Vedder dans la chanson "Porch" de Pearl Jam: "What the fuck is this world running to?". Les faits sont assez simples: un bloggeur bourré (moi) rentre tranquillement de soirée. Alors qu'il arrive dans les souterrains de la gare de Lausanne, il voit un jeune homme se faire frapper. Pas le temps de gueuler, d'appeler la police ou de fuir, les agresseurs, car il s'agit bien du nom qu'ils méritent, se cassent. La victime, je ne trouve pas de meilleur mot pour désigner ce pauvre bougre, est toujours debout, mais saigne abondamment du nez et de la bouche. Mais ce n'est pas cela qui me fait le plus peur. 

Bien que je sois un misanthrope convaincu, je me précipite vers l'homme ensanglanté pour lui proposer un mouchoir, seule chose utile que je puisse faire. Alors que je lui demande si ça va, d'autre personnes viennent l'aider à se débarrasser de toute cette hémoglobine ruisselante. Le jeune homme semble sonné, mais affirme que tout va bien. Après avoir cracher le reste de sang qui stagnait encore dans sa bouche et après que nous lui avons demandé pourquoi il s'était retrouvé dans cette position plus qu’inconfortable, il nous explique que ces deux imbécile au Q.I. d’huître se sont adonné à cette violence sans réelle raison. C'est alors qu'il a prononcé les mots qui m'ont horrifié: "C'est comme ça, ça arrive parfois".


Voir une telle résignation face à une violence si injuste, sur un visage barbouillé de sang qui plus est, pose de lourdes questions. Dans quel monde vivons-nous pour que même un acte de violence aussi gratuit soit reconnu par la victime comme quelque chose qui "arrive parfois"? Attention, je ne veux pas ici me pencher sur l'acte de violence en lui même, ou sur les mesures éventuelles qui pourraient être prises pour éviter de tels incidents, mais bien sur la vision que cette victime a de l'agression. D'où peut bien venir une résignation si forte face à un acte si révoltant?

Et bien, je ne peux pas répondre à cette question. Je ne peux que constater que l'être humain, le Suisse en particulier, a oublié qu'il pouvait, devait s'insurger. Prenez la tristement célèbre votation anti-minaret. L'opposition s'était mobilisée avant la votation pour dénoncer cette absurdité xénophobe, mais une fois le texte accepté, le peuple s'est tu. "C'est comme ça, ça arrive parfois". Les salaires baissent? tant pis. La loi sur le chômage se durci? pas grave. La Suisse vend des armes à des nations à l'éthique douteuse? c'est comme ça. La crise générée par quelques traders frappe de plein fouet le peuple? on s'écrase.


Mais où sont ceux qui souffre? Pourquoi ne se montrent-ils pas? Pourquoi personne de descend dans les rues pour montrer qu'ils sont là et lésés? En Suisse le peuple est un bon mouton qui croit avoir comme seul moyen de pression leur bulletin de vote. Mais non ! Vous n'êtes pas juste une croix dans une case ! Vous avez un nom, un corps et une voix ! Alors si quelque chose n'est pas normal criez, si l'état ne vous écoute pas, montrez vous ! Les indignés ne sont que le début d'un mouvement qui devrait être planétaire, anonyme et surtout qui, si il abouti, sera magnifique. Alors je le dis à vous qui daignez m'écouter, contrairement à ces hommes en costard, faites vous entendre !

A Ploutch !

1 commentaire:

  1. C'est comme ça, ça arrive parfois... Ne te casse pas trop la nénette avec ça, sois une bon mouton et suis ce fatalisme communautaire. xD Je plaisante bien sûr ^^ same thoughts bro ;) En tout cas celui à qui il reste encore une peu de lucidité et qui prête attention à ton message, va être forcément indigné de ce qui se passe sous son nez nuit et jour. En plus c'est délicieux à lire et truffé d'humour! :P

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