mercredi 18 juin 2014

17 juin 2014

Toutes, Tous, Bonsoir !

Nous sommes le 17 juin 2014, voilà plus de six mois que je n'ai rien écrit sur mon blog. Il est 22h34, j'allume mon ordinateur, j'ouvre mon navigateur internet, Facebook, YouTube, j’enclenche ma playlist "la pêche", la routine. À côté de moi, une tasse de thé, un thé blanc, du Pai Mu Tan bien tiré. J'ouvre l'éditeur de note, cette fois j'y suis.

Devant moi, l'écran blanc attend que je le salisse avec quelques idées, mais voilà le problème: aucun sujet sur lequel écrire. La coupe du monde ? trop facile. Le FN aux européennes ? trop difficile. Mes études ? trop barbant.

Je sors de ma chambre, j'attrape au passage mon paquet de clope. J'arrive sur mon balcon, il ne reste que deux ou trois fenêtre allumée dans l'immeuble d’en face, "mes voisins sont des couche-tôt". Je grille paisiblement ma cigarette, "faudrait penser à arrêter". J’éteins ce qui en reste dans le cendrier rempli d'eau; il a brûlé hier. En bas, les "Oh" et les "Ah" des amateurs de ballon rond sur la terrasse voisine retentissent alors que je ferme la porte-fenêtre.

Retour à mon ordinateur, je branche mon casque, "il se fait tard". Pas de nouvelle notification, pas de raison d'en avoir, ni d'en attendre. Écrire au sujet de Facebook ? le besoin d'attention qu'il est capable de faire apparaître ? le faisage de montagne avec des taupinières qu'il provoque ? inutile. Je préfère laisser les gens s'en rendre compte. À leurs dépens peut-être.

23h14, toujours rien, ça m’énerve, "c'était pas une chanson ça ?". Tien un Top5 ! Des meilleurs one-hit maker. "Les meilleurs ? parce qu'il y en a des bons ?". Encore une idée écartée. Je continue à chercher l'inspiration, chez les autres principalement. Conférences sur TED.com, émissions YouTube, interview sur l'INA, toujours rien. Je bouffe les idées des autres sans pouvoir en produire moi-même. "C'est quoi mon problème".

Je me détends, je regarde un épisode de Scrubs, ma série fétiche. Ah ! L'humour, mon amour. Je regarde une autre vidéo, du Desproges, un génie, un maître du rire. "J'arriverai jamais à ça".

Je sors une deuxième fois de ma chambre, toutes les lumières sont éteintes, mes parents sont couchés. Je prends la direction de ma cuisine. "J'ai besoin d'un café". La tasse vidée durant le trajet rejoint les autres tasses vides sur mon bureau. Toujours pas d'idée, mais un peu plus d'énergie. Trop d'énergie. "Il faut que j'évacue". J'attrape ma guitare, j'apprends un nouveau morceau. J'essaie Dani California. Je bloque vite, j'y arrive pas, je me décourage, j'abandonne. "J'y arriverai une autre fois", je range ma guitare sur le mur.

23h56, la page est toujours blanche. Je tourne la tête, je vois, sur mon bureau, mon appareil photo. Une séance photo de nuit ? Comme au mauvais vieux temps ? pas plus d'idées pour la photographie.
Je tourne en rond, j'en peux plus, je dois créer, je dois écrire, faire quelque chose de concret. "Je pourrais lire, me cultiver", pas envie, pas l'énergie.

Cette situation m’énerve, me déprime, elle ne veux rien dire, c'est absurde.
Absurde ? Ça me rappelle Le Mythe de Sisyphe d'Albert Camus, ce bouquin est génial, tout le monde devrait le lire. J'avais lu ce bouquin au gymnase, "au collège, diraient mes camarades fribourgeois". Je l'ouvre au hasard, page 131, j'ai mis une citation en évidence:
Pour l'homme absurde, il ne s'agit pas d'expliquer et de résoudre, mais d'éprouver et de décrire.

Éprouver ? décrire ?

Il est 00h19, j'ai la base de mon article. Je jette, à la main, les éléments de ma soirée sur un de mes carnets de note. "J'écrirai ça demain".

A Ploutch !

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